cine qua non

ce cinéma qui pendant en moyenne 2 heures fait oublier les soucis quotidiens ou bien fait prendre conscience de quelque chose, fait ressentir quelquechose, rire larmes le cinéma & ses petites émotions ...du cinéma, indépendant ou non, vieux ou récent ...

25 avril 2012

les adieux à la reine

de Benoît Jacquot ( sortie: le 21 mars 2012)
Scénario de Benoît Jacquot et Gilles Taurand

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En 1789, Sidonie Laborde  (Léa Seydoux) vit au château de Versailles. Elle est la lectrice de Marie Antoinette ( Diane Kruger) . Fascinée par celle - ci , ses journées entières lui sont consacrées.  Cependant, le 14 juillet ,  le peuple prend  la Bastille... 

         Versailles vue  de l'intérieur ... En adaptant, le livre de Chantal Thomas, le réalisateur Benoit Jacquot revisite, à sa manière,  l'épisode historique de la Révolution française. Loin de la vision "carte postale" qu'a pu nous donner Sofia Coppola avec son Marie- Antoinette  en 2005, le cinéaste français  filme un Versailles où les rats font légion. Les couloirs sont sombres  et étroits. A la manière de  la série Downton Abbey, Benoit Jacquot s'intéresse au peuple d'en bas c'est à dire l'ensemble des domestiques au service du couple royale qui vivent dans la partie inférieure du château, les endroits bien souvent  cachés. Le réalisateur nous montre les coulisses: les messes basses qui sont échangées dans les antichambres, la hiérarchie entre les domestiques .  C'est aussi de l'intérieur du château que le spectateur ressent la menace de la Révolution. L'intrigue se déroule sur quelques jours seulement pour intensifier le mouvement de panique de la famille royale, des conseillers, des courtisans et de l'ensemble du personnel. L'on suit plus particulièrement le parcours de Sidonie, la lectrice de la reine et occasionellement  sa brodeuse. Fascinée par  Marie - Antoinette, elle est prête à tout pour répondre à la moindre de ses envies et pour passer de brefs instants avec celle- ci à un tel point qu'elle ne se rend pas compte des vraies intentions de la reine. Cette dernière ne vit que pour Gabrielle de Polignac, une comtesse endettée, qu'elle a pris  sous son aile. De cette relation particulière entre les trois jeunes femmes, se dégage une certaine sensualité  Les Adieux à la reine évoque  aussi la fin d'un régime. Les courtisans, sous le choc et  apeurés,  fuient le château, abandonnant les monarques à leur sort . On s'affole. La reine est à fleur de peau. Elle laisse tomber le masque. Finis, perruques , dentelles et bijoux. Diane Kruger est parfaite dans ce rôle. Elle arrive à interpréter cette reine ambigue et lunatique notamment dans cette scène.  La caméra la surprend   quittant  tous ses apparats  et rèvèle une grimace , signe d'un régime déchu. Léa Seydoux , quant à elle , interprète avec simplicité cette jeune servante aveuglée par sa reine. La caméra la suit au plus près, dans le moindre de ses mouvements et déplacements dans les couloirs du château. Elle est celle par lequel le spectateur  voit  et entend ce qui se passe dans  l'intimité  de Versailles. 

Les adieux à la reine  est donc un long - métrage, qui aborde d'un angle différent et avec réalisme, cette épisode marquant de l'histoire de France. Nous sommes loin de l'univers frivole créé par Sofia Coppola. Par le personnage de Sibonie, le réalisateur place ici  le spectateur en  tant que témoin de la vie  versaillaise pendant ces quelques jours décisifs avant la fin du régime monarchique.

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Posté par zaboue à 14:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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